On parle souvent de cépage sur une étiquette de bouteille de vin ou d’assemblage de cépages, mais on parle peu du support du cépage qui s’appelle le porte-greffe ; or celui-ci a les racines dans la terre et il est donc le premier à s’inspirer du sol pour vivre et entretenir son hôte, le greffon, qui lui est bien un cépage plus ou moins connu, en passant par les célébrissimes cabernet sauvignon, chardonnay, syrah, merlot, sauvignon ou pinot noir.
Ce porte-greffe a été initié au départ après les attaques du célèbre puceron phylloxéra en Europe, à la fin du XIXème siècle, et a apporté en quelque sorte un moyen de défense des cépages contre le nouveau ravageur.
C’est dont le porte-greffe qui devra être choisi avec le plus de justesse possible et grâce à ses capacités d’adaptation au sol, au sous-sol, au climat, à la pente, à l’exposition et à l’évolution climatologique. Cela veut dire en d’autres termes que pour choisir un porte-greffe sur une parcelle, il faudra faire une analyse de sol adaptée et en fonction des principaux critères existants, choisir le porte-greffe qui va s’exprimer le mieux sur ce terroir et surtout donner des raisins de la meilleure qualité possible.
En Nouvelle-Aquitaine, les portes-greffes les plus courants sont les suivants : Riparia, 101-14, 3319C, Gravesac, SO4, 5BB, 420A, Fercal, 41B, 110R, 44-53M, Rupestris, 333EM, RSB1.
Pour les autres vignobles français on utilise plutôt les sélections suivantes : 196-17CL, 99R, 1103P, 4010C, 140 RU, 5C
Pour les vignobles du monde et suivant la localisation, les possibilités sont les suivantes : 1616C, 34 EM, 161-49C, 129 AA, 2163 CL, 1447 P, Téléki 8B, Grézot, Berlandieri, Némadex, Colombard 2.
Drôles de noms pour des plantes, mais ces noms correspondent en fait à 2 paramètres, l’initiale de l’inventeur, (P pour Paulsen) et le numéro qui correspond à celui porté par le plant durant l’expérimentation.
Afin de préparer judicieusement une plantation, on fera en premier lieu une étude de sol qui nous donnera les caractéristiques de l’endroit, du fameux parcellaire choisi, avec comme éléments principaux, la granulométrie du sol, la richesse en calcaire, le Ph de l’eau qui y réside ainsi que le taux de matières organiques qui s’y trouvent. On ajoutera à cela la teneur en éléments minéraux du sol et leur disponibilité avant d’aller plus loin. Ces analyses seront suivies d’une bonne préparation des sols qui pourra durer plusieurs années quelquefois.
On choisira aussi le porte-greffe par rapport à la vigueur que l’on veut obtenir sur la parcelle, à savoir le rendement moyen que l’on est susceptible d’obtenir chaque année.
Le travail du pépiniériste consistera à préparer des plants dits greffés-soudés (porte-greffe et greffon) en fonction du cépage que l’on aura choisi au final, jusqu’à la mise en pots afin de permettre une meilleure incorporation dans les sols au moment de la plantation finale
On réalise simplement que le plus souvent, plusieurs années seront nécessaires à la plantation ou à la replantation d’un vignoble et qu’en aucun cas on ne pourra agir à la baguette magique et aller aussi vite qu’un clignement de paupière…
Source : Agricultures et Territoires – Chambres d’Agriculture Nouvelle-Aquitaine