L’année dernière nous avions relaté ce fait divers intervenu entre 2 domaines viticoles de la Californie, au sujet d’une plantation nouvelle de séquoias entre des parcelles, ce qui avait provoqué ce différent et engendré un procès par ailleurs toujours en cours. Le plaignant avait argumenté sur le fait qu’une plantation nouvelle de ce type d’arbres allait apporter dans ses raisins des notes aromatiques non souhaitées (résine, cendre, camphre, laurier, champignons, etc, …) et aussi que ces arbres à maturité allaient faire de l’ombre à son vignoble et donc contrarier la bonne maturité de ses fruits par manque de soleil…
Le plaignant propriétaire du domaine Quantum Limit, assure aussi que sa cuvée principale Twenty eight blocks, vendue aujourd’hui aux environs de 145$ la bouteille serait pénalisée par ses goûts étrangers et ne serait plus vendable à ce prix.
Le procès a quelque peu défrayé la chronique, les avis des uns et des autres étant très partagés ; certains argumentant que la région avait plus besoin en ces périodes de réchauffement climatique d’arbres et d’ombre, d’autres affirmant de leur côté que ces arbres étaient des proies faciles aux incendies réguliers qui sévissent dans cette région et devenaient donc des sources supplémentaires de foyers importants à brève échéance. Le séquoia par ailleurs peut être un bon écran contre les vents et source de fraîcheur en période estivale…
Les discussions ont trouvé un nouveau sujet d’argumentation depuis la découverte récente d’un couple de condors (l’oiseau le plus gros de la planète en voie de disparition par ailleurs), couple vu en train de couver un œuf dans un de ces séquoias, un fait qui n’avait pas été constaté depuis plus de 100 ans ! L’espèce étant protégée, il parait donc impensable aujourd’hui d’empêcher la plantation de cette variété arboricole, sous peine d’interférer sur la vie et le futur de ces oiseaux mythiques…
Le procès en cours se complique donc surtout pour le plaignant qui se retrouve donc devant un cas unique allant à l’encontre du développement d’une espèce protégée (il ne resterait que 22 oiseaux de ce type en ce moment sur la planète), même si ces arbres gigantesques doivent nuire à la qualité de ses vins…
En Californie, certains demandent donc que ces séquoias géants rentrent au patrimoine mondial de l’Unesco, non seulement par leur taille spécifique mais aussi en raison de la nidification d’une espèce protégée, le condor, et au détriment des vignobles dont on ne sait plus trop quoi faire dans ce coin des Etats-Unis en cette période de baisse de consommation du vin et de surproduction…
L’œuf trouvé il y a quelques semaines devrait éclore en avril prochain, et tous les acteurs seront très attentifs à l’envol de l’oisillon quelques 7 mois plus tard ; le procès quand à lui a été reporté pour supplément d’enquête, et comme l’on dit en France, « suite au prochain numéro » !
Source : www.thedrinksbusiness.com