Cette île paradisiaque qui est dans tous les portefeuilles touristiques des tours opérateurs mondiaux révèle un de ses secrets, sa faculté de produire du vin dans quelques spots et de compter aujourd’hui en 2026 une quinzaine de producteurs locaux. C’est évident nous sommes dans des conditions qui ne sont pas idéales pour la vigne, mais comme à Tahiti par exemple, on peut produire du vin et même du bon vin, à condition de respecter des règles de conduite viticole contraignantes, qui augmentent les coûts de production par rapport à un vignoble en zone océanique ou méditerranéenne.
Les grands groupes hôteliers qui gèrent l’accueil des touristes à Bali, offrent à leur clientèle des cartes de vins sophistiquées et commencent depuis quelques années à mettre les vins locaux en évidence, car tout simplement la qualité s’améliore.
La région de culture principale est celle de Buleleng, au nord-ouest de l’île. Ici l’altitude et les vents rafraîchissants compensent la chaleur intense et les sols volcaniques apportent les nutriments nécessaires à la bonne alimentation d’un vignoble.
Le vignoble Hatten Wines, fondé en 1994 travaille sur 50 hectares en utilisant des cépages locaux dont le Propolinggo Biru et internationaux, effectue 3 vendanges par an et produit des vins rosés, blancs, rouges et effervescents et il a été élu Domaine de l’année en 2017, par le magazine Asian Wine Review.
Plusieurs autres domaines commencent à avoir une certaine notoriété comme Isola Wines, Plaga Winery ou le Domaine Sababay. Ce dernier vignoble fondé en 2010, travaille en collaboration avec un technicien français, Guillaume Quéron, formé à Bordeaux et ancien collaborateur des vignobles Thunevin à Saint Emilion. Une trentaine de récompenses et médailles ont été obtenues au niveau international par ces vins qui marient très bien la cuisine balinaise, épicée et relevée.
La scène viticole locale est extrêmement diversifiée ce qui surprend souvent les voyageurs. La variété des styles de vins que l’on trouve dans les différentes régions de l’île est remarquable et surprenante.
Depuis une dizaine d’années, il y a une réelle évolution dans la consommation du vin dans l’île, où le marché était dominé par les spiritueux, la bière et les cocktails ; Depuis peu des sommeliers ont commencé à exercer des fonctions prépondérantes et petit à petit il y a eu comme une vulgarisation au niveau de la consommation du vin, ce qui a encouragé le développement de la viticulture locale. L’offre des hôtels et des restaurants s’est étoffée et le vin est devenu un élément à part entière de l’identité d’un établissement.
Le seul problème vraiment dommageable aujourd’hui dans cette île est avant tout la question des taxes sur le vin, avec une taxe qui dépasse souvent plus de 150% de la valeur du produit, en particulier sur les vins importés, 87% de la population autochtone étant musulmane…l’avantage des vignerons balinais, c’est que les taxes élevées sur les importations de vin étranger rendent leur vin beaucoup moins cher. Les locaux doivent avant tout se battre contre la climatologie locale et régler les questions de santé de la vigne, les cycles de vendange et l’équilibre général des vins. Il faut encore travailler la technique viticole et œnologique dans cette île mais le jeu en vaut la chandelle, et pour les producteurs locaux, le succès viendra avec le temps, car les vins locaux peuvent s’intégrer dans les spécificités de l’île et ainsi convaincre davantage de visiteurs, au nombre de quasiment 7 millions en 2025 !
Un grand potentiel donc pour les vins de l’île qui ne demande qu’à se développer pour le futur et qui nécessitera beaucoup d’opiniâtreté et de ténacité de la part des domaines balinais maitres de leur destin.
Source : www.thedrinksbusiness.com