On dit que c’est la boisson alcoolisée la plus vendue au monde et ce n’est pas rien, mais c’est aussi une très longue histoire qui a démarré il y a plus de 160 années dans le comté du Tennessee, à quelques dizaines de kilomètres de la capitale mondiale du blues « Nashville », dans la campagne profonde de l’Amérique.
Jasper Newton Daniel, dit Jack, petit bonhomme de 1.58 mètre, a eu l’idée de créer ce qui fut la première distillerie enregistrée officiellement aux USA en 1866. Ce personnage atypique, homme d’affaire brillant, a donc démarré une des histoires commerciales les plus brillantes des Etats-Unis dans un village perdu du nom de Lynchburg ; se lancer dans la fabrication de whiskey à l’époque, nous sommes dans les années 1865, était un véritable tour de force ! Il est aussi à souligner que nous sommes aujourd’hui encore dans un « dry county », c’est-à-dire un endroit où l’on ne peut pas vendre de l’alcool librement.
Dans la création du produit en lui-même, certaines particularités techniques font et maintiennent son originalité, si l’on veut éventuellement le comparer à d’autres grands noms du Bourbon par exemple, qui viennent de l’état voisin du Kentucky.
D’abord Jack Daniel’s n’est pas un 100% maïs, mais issu d’un mélange de 3 céréales, le maïs à 80%, complété par de l’orge maltée et du seigle. Son eau de maltage vient d’une grotte souterraine, achetée par la marque, est à température constante à 13° pendant toute l’année. L’autre grande particularité du produit réside en sa filtration lente au travers d’une couche de 3 mètres d’épaisseur de charbon de bois d’érable. Sa maturation en fûts de chêne blanc américain reste classique, mais la plus grande originalité de ce whiskey étant sa bouteille unique et son étiquette écrite en noir et blanc.
Ce whiskey a été le premier à être embouteillé en bouteille carrée, seules les bouteilles rondes ont été autorisées pendant longtemps pour la vente au détail, ce qui fait qu’au début de sa production, le Jack Daniel’s était vendu uniquement au tonneau ou à la cruche. Cette bouteille de forme carrée a eu un avantage certain, celui de pouvoir conditionner les caisses bois de manière beaucoup plus stable qu’avec des bouteilles rondes, et ainsi d’avoir beaucoup plus de sécurité pendant les transports en diligence ou en chemin de fer. Au fur et à mesure des années, ce flacon est devenu iconique, et dans un rayonnage, il est vraiment facile à repérer, ce qui en fait un atout marketing inégalable, comme celui de la bouteille contorsionnée du Coca Cola.
L’autre point fort du produit, est celui de son étiquette, classique de chez classique, écrite en blanc sur fond noir, rien de plus simple, mais aussi hyper facile à lire et encore une fois a repérer dans un étalage quelque qu’il soit !
Juste pour celles ou ceux qui n’en auraient jamais goûté, ce breuvage se distingue des autres par sa filtration spéciale et reste un ersatz de velouté et de douceur, délicatement fumé et boisé, avec ce mélange en bouche de vanille et d’agrumes qui en font son succès interminable.
Aujourd’hui plus de 25 versions accompagnent cette étiquette, avec le Gentlemen Jack, le single barrel, les bonded series, ainsi que les versions aromatisées et les liqueurs, mais le OLD N°7 reste la signature universelle de cette marque dont BROWN FORMAN, l’actuel propriétaire, ne devrait se séparer sous aucun prétexte….
Source : www.thedrinksbusiness.com