Après les chauves souris et les chouettes effraies, un autre animal vient apporter son aide au monde viticole…On connait les capacités olfactives des canidés, autrement dit les chiens, déjà utilisées dans les aéroports par exemple pour détecter les drogues dans les bagages où bien les explosifs.

Des professionnels de la filière vin ont eu l’idée d’exploiter ce potentiel extraordinaire du chien qui peut être plus aigu et plus précis que celui de l’humain de 10 000 à 100 000 fois suivant les arômes à détecter, grâce à 300 millions de récepteurs contre 6 millions seulement à l’homme.

La première utilisation  est pratiquée aujourd’hui par les fabricants de barriques et de futailles, au Chili ou en Californie, pour détecter les fameuses molécules dites TCA (responsable du fameux goût de bouchon dans les vins) déjà sur les parcs où sont entassés les merrains de chêne, mais aussi sur les douelles en cours de séchage et bien sur au milieu des parcs de barriques en attente d’expédition. Des caissiers et fabricants de cartons utilisent toujours le flair du chien pour repérer ces arômes dévastateurs avant qu’ils arrivent dans les vins ! Des périodes de 30 minutes sont ainsi proposées aux chiens renifleurs pour rechercher ces arômes négatifs, une période suffisante pour que le chien soit efficace et qui mérite ensuite un temps de repos en raison de la fatigue générée pour l’animal. Les enjeux financiers sont quelquefois énormes, un procès est en cours actuellement en Napa Valley où Opus One, le très célèbre domaine, a mis au tribunal un tonnelier français pour cause de 10 fûts contaminés au TCA qui ont entrainé une perte financière de quelques 470 000 US dollars sur des vins de cabernet sauvignon vendus à 300 € environ la bouteille. 

Au Chili des inspections olfactives de caves sont faites régulièrement par des équipes canines contre les mêmes problématiques par des chiens dressés.

En Australie, des chiens sont utilisés pour détecter des parasites dans le vignoble, plus spécifiquement vis-à-vis des cochenilles, d’autres utilisent des chiens pour détecter des nids de guêpes qui sont friandes du sucre des raisins et déssèchent les baies en aspirant le jus, enfin une chercheuse australienne du nom de Sonja Needs a dressé un chien de type border collie à la détection du phylloxéra, le pire ravageur de la vigne depuis des siècles ; un programme de recherche est en cours de réalisation par l’Université de Victoria pour réaliser une méthode de détection canine avant que le phylloxéra ne détériore réellement les vignes ; il semble aussi que les espèces de chiens comme les bergers allemands où les labradors sont parmi les plus performants dans ce genre de travail. 

Voila donc encore des exemples où l’homme s’emploie à utiliser des ressources animales sans dommage pour l’environnement et avec certainement autant de chance de réussite pour résoudre les problématiques que l’utilisation de produits chimiques …

Sources : OIV/Bloomberg.COM

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