Suite à une demande de FranceAgrimer, l’IFOP a produit une étude assez précise sur la perception et la consommation des français vis-à-vis des boissons dites NO/LOW, à savoir pour les LOW, dont le degré alcool est compris entre 8.5 et 0.5 et les NO, dont le degré est inférieur à 0.5. Une étude réalisée sur un échantillon de 1 111 français de 18 à 70 ans, représentatif de la population française.
L’étude s’articule sur le fait que le consommateur choisit sa boisson en fonction de son degré alcool.
En 2025 donc, 72% des personnes interrogées déclarent avoir consommé au moins une fois des boissons NO/LOW au cours des 12 derniers mois. Quasiment la moitié des personnes interrogées déclarent s’y être intéressée depuis au moins 2 ans. 64% de ces français déclarent vouloir consommer davantage de ce type de boissons pour l’avenir.
Au regard aussi de cette étude, la bière est la plus souvent citée comparée au vin ou à d’autres catégories de boissons. Pour les interrogés, le couple NO/LOW constitue une alternative à la consommation d’alcool traditionnel, aux sodas et aux jus de fruits.
Pour les consommateurs, le seuil de taux d’alcool parait être un maximum de 4% pour qu’un produit soit considéré comme LOW, ce qui ne correspond pas au seuil de tolérance technique. Par ailleurs pour le sans alcool, le consommateur l’interprète comme équivalent à 0% alcool.
L’approche des moments de ce type de consommation est variable suivant la situation du questionné, à domicile ou hors domicile, et en fonction aussi du contexte social. (Conduite, parentalité, professionnel, type d’évènements, santé, découverte de nouveaux goûts.)
La plupart des produits NO/LOW sont achetés à 88% en grande surface ; les consommateurs indiquent aussi que si l’offre était plus diversifiée, ils achèteraient davantage…
Le packaging des produits reste un facteur de choix important, surtout les informations sur les ingrédients et la composition du produit consommé.
Concernant le vin, les consommateurs considèrent qu’il s’agit d’une boisson légère en alcool comme la bière, et ils recherchent plutôt du vin sans alcool, que du vin a taux d’alcool intermédiaire. C’est la limite de la consommation d’alcool qui prime sur le goût final du produit dégusté, qui n’arrive qu’en 7ème position dans les critères de sélection. Par ailleurs les consommateurs interrogés disent que ces produits n’ont pas assez de visibilité dans les magasins qui en proposent….
On perçoit aussi que seules des dégustations comparatives entre le vin normal et le vin zéro alcool, permettraient de confirmer la qualité des produits présentés, les consommateurs soufrent aussi du manque de notoriété de ces produits NO alcool, donc du manque de repères qualitatifs pour différencier ces produits.
Si l’on en croit les interviewés, ils s’attendent aux mêmes critères d’élaboration pour un vin sans alcool que pour un normal, les méthodologies de dés-alcoolisation n’étant pas connues ; ils recherchent donc des informations sur les méthodes de vinification, la complexité des saveurs et ensuite le packaging. La dés-alcoolisation reste pour eux une méthode industrielle qui va un peu à l’encontre des savoir-faire traditionnels porteurs sur le vin classique. Les consommateurs recherchent donc les mêmes critères avec une touche de modernité en plus sur l’étiquetage.
L’étude a permis de déterminer 4 familles de consommateurs de boissons NO/LOW (chiffres arrondis):
- Les health controllers (21%), jeunes et sportifs, ils visent une alimentation saine, ils ont une prudence vis-à-vis de l’alcool, et pour eux ce type de produits est une échappatoire qui va dans la bonne direction
- Les hédonistes (21%), de tous les âges, ils entretiennent une relation décomplexée avec l’alcool et le non alcool, ils aiment découvrir de nouveaux produits et saveurs
- Les distants dilettants (30%), consommateurs de tous les âges, de vie sociale assez aisée, ils font attention à avoir un équilibre de vie sans trop de restrictions ; ils ne sont pas très attirés par la famille NO/LOW, et la consomment donc par opportunisme.
- Les non consommateurs (32%) de boissons ayant ces caractéristiques
En résumé, on peut en tirer les conclusions suivantes :
- Cette famille de produits ne peut que progresser et 64% des consommateurs déclarent vouloir augmenter leur consommation dans ce sens.
- Par contre le marche du LOW est toujours difficile à comprendre, car peu clair dans sa définition et ses usages ; le NO par contre est bien identifié et se positionne comme une alternative à l’alcool pour 60% des sondés.
- Ces boissons sont encore mal connues, les gens sont suspicieux par rapport à leurs goûts et saveurs réels et sont réticents à payer des tarifs qui paraissent trop élevés à l’encontre de la famille considérée.
- Il faudra du temps pour éduquer les consommateurs et il faudra trouver le juste équilibre entre modernité et tradition pour les packagings et le marketing lié.
Source : www.franceagrimer.fr