Avec la star chinoise des hauts plateaux du Yunnan, AO YUN, issue de vignes plantées à 2100 m
d’altitude, les experts se posent la question suivante : d’autres zones asiatiques de haute altitude
pourraient-elles utilisées pour faire du vin, à l’instar de la pépite de LVMH, sortie de terre en 2013.
Le Bhoutan pourrait être la prochaine piste, compte tenu du nombre de microclimats, d’altitudes et
de sols, mais aussi de la pureté de l’environnement, ce qui a donné l’idée à quelques précurseurs de
s’engager dans la plantation de vigne à Gor Tshalu !
Le Bhoutan est resté jusqu’en 1960 un pays isolé des contreforts de l’Himalaya, où l’on élevait des
yacks et où on se nourrissait avec des céréales, des épices et des fruits qui représentent la majorité
des cultures du pays. C’est un pays où encore aujourd’hui 95% de la population vit de l’agriculture et
de l’élevage, mais une évolution sensible est en train de s’effectuer ; le tourisme tel que nous le
connaissons en Europe est arrivé dans les années 79/80 mais reste très minoritaire, le gouvernement
souhaitant préserver son bilan carbone négatif et conserver 60% de sa surface dédiée aux forêts…
La Bhutan Wine Company, est née de quelques réflexions de passionnés du vin qui ont su s’allier avec
les services gouvernementaux qui ont fourni des terres gratuitement, assureront un soutien
scientifique et des consultations avec les stations agricoles locales. Ainsi s’est lancé un projet de
culture de la vigne qui a pu démarrer en 2019 avec 3 vignobles commerciaux et 2 à venir, et des
essais sur 17 cépages différents afin d’offrir au départ un certain nombre de choix possibles.
Les espérances locales sont d’arriver à créer un vignoble d’environ 2000 hectares sur tout le pays, qui
possède un savoir-faire important quant aux cultures fruitières, et cette année en 2024, les premiers
20 hectares en production ont donné des raisins, l’année 2023 ayant quant à elle permise la
première récolte historique du pays, dont le vin d’assemblage deviendra une pièce de collection….
Les vinificateurs occidentaux se sont mis aussi à réaliser des fûts avec des chênes du Bhoutan, et ont
aussi sélectionnés des levures autochtones, le vin du futur est donc sur les rails et le monde entier ne
demande qu’à le découvrir…
Source : www.thedrinksbusiness.com