La « Shiraz ou syrah australienne » devient-elle mal aimée ?

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Ce célèbre cépage d’origine rhodanienne a fait la réputation de l’Australie viticole, comme le malbec l’a fait pour l’Argentine ou le furmint pour la Hongrie ; les dernières analyses du marché montre une certaine désaffection générale pour ce cépage, un peu comme celle vécue pour le chardonnay il y a une vingtaine d’années ; la célébrité peut nuire à la pérennité semble-t-il….

Le groupe tentaculaire Treasury Wine Estates a mis en vente plusieurs de ses marques commerciales dont Wolf Blass, synonyme d’une syrah accessible et vedette des années 1990/2000, marque devenue non rentable aujourd’hui, alors que se passe-t-il ? Les dernières récoltes australiennes ont par ailleurs enregistré des faibles volumes sur ces derniers millésimes dont 2023 et 2024, une vraie dégringolade et c’est la première fois que la récolte de chardonnay a été supérieure en volume à celle de la syrah.

Plusieurs explications viennent appuyer ces différents constats : le marché chinois redevenu d’actualité après la diminution des droits d’importation par le gouvernement chinois, mais il n’est pas revenu comme avant, car les vins sont plus chers en raison des conditions de production mais aussi le goût de la population chinoise a évolué et va vers des vins moins corsés et plus fruités (la même ritournelle sur la planète) et les shirazs australiennes produites à gros degré alcool et à forte densité tannique ne sont plus d’actualité.

D’une façon générale aussi les consommateurs préfèrent boire une bouteille de belle syrah par semaine, élégante et fruitée ; que plusieurs de ce même cépage ramassé à forts rendements et à la saveur grossière….Les boisés australiens traditionnels avec du chêne américain sont délaissés et on va maintenant vers du chêne français, des récipients en bois de grand format et aussi vers cuves ovoïdes en terre….On ramasse aussi le raisin plus tôt et on essaye de produire des syrahs au style plus enrobé et gourmand.

Cette reconversion de la shiraz prend du temps, elle coûte aussi plus cher, mais elle devrait permettre de retrouver des fondamentaux pour reconquérir des marchés et ainsi correspondre aux goûts et saveurs recherchés spécialement par la génération Z. Rien n’est donc acquit comme on peut le constater avec les déceptions engendrées par la mévente comme en bordelais, et la shiraz reine des années 80 va devoir se refaire une nouvelle identité sous peine de disparaître face aux cépages plus légers comme le gamay ou le grenache.

Une large réflexion donc en Australie pour sauver la shiraz mais surtout l’adapter aux nouveaux marchés et aux nouvelles tendances.

Source : www.thedrinksbusiness.com

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