L’administration viticole d’un des plus vieux pays producteur de vin du monde vient de modifier les règles pour les futurs nouveaux propriétaires viticoles et cela ne fait pas l’unanimité dans la filière, c’est le moins que l’on puisse dire ! Ces changements de règles administratives s’adressent essentiellement aux nouveaux investisseurs et créateurs de vignobles dans le pays.
En effet, à partir du 1er mai prochain, toute personne désirant investir et lancer un vignoble, sera obligée de passer par l’administration pour avoir le feu vert officiel, surtout si le projet global comporte de la commercialisation dans le pays ou a l’exportation ; seuls les vignobles à usage personnel seront exemptés de ses obligations légales.
Ces nouvelles règles visent à améliorer la qualité des nouveaux vignobles, le choix des terroirs, les cépages utilisés, le sol et le lieu de culture étant fondamentaux dans la démarche qualitative des produits commercialisés.
La filière y voit 2 gros inconvénients : les difficultés nouvelles pour des petits producteurs pour qui de nouvelles démarches administratives peuvent décourager, mais aussi un risque notable de corruption supplémentaire qui pourrait s’installer dans le but d’obtenir une Licence d’Etat.
Aujourd’hui le vin géorgien a acquis sa notoriété de part son histoire mais surtout par le travail et la contribution de petits propriétaires ; les méthodologies de mise en place des procédures administratives ne paraissent pas claires et l’Agence géorgienne nationale du vin se trouve être de plein fouet dans le collimateur des producteurs existants et le débat fait rage…
Les gros producteurs au contraire sont favorables à ces nouvelles contraintes comme Georgij Gvardzelasvili, installé sur 5 000 hectares de terres personnelles où il cultive des cépages rares et exporte ses vins dans 9 pays différents, en prétendant que s’il n’y a pas assez de rigueur, des dérapages vont avoir lieu quant à l’utilisation de plants non certifiés, le choix des variétés utilisables et note que de nombreux vignobles sont touchés par des maladies à ce jour.
Un autre producteur, Aleko Sardanasvili, produit plusieurs cépages sur un seul hectare de vignoble et note que pour ce type de structure viticole, les droits de plantation d’Etat sont plus difficiles à obtenir et que très souvent les vignerons propriétaires de grandes surfaces obtiennent les autorisations plus facilement.
Cette nouvelle loi est passée récemment en première et seconde lecture à l’Assemblée et il semble donc qu’elle risque s’appliquer à la date annoncée du 1er mai. Il faudra suivre avec attention son évolution afin de voir son impact concret sur la filière et sur la diversité des vins élaborés dans le futur.
Source : www.thedrinksbusiness.com