Le Chili a montré depuis de nombreuses années ses capacités à produire d’excellents vins grâce à sa position stratégique entre la Cordillère des Andes et l’Océan Pacifique, ce qui lui évite le plus souvent l’irrigation contrairement à son voisin argentin, et qui lui permet d’extraire de ses terroirs en altitude ou en vallée des raisins de qualité optimale.

Son initiateur est un chilien dénommé Arturo Perez Rojas, dont le parcours atypique lui a permis d’arriver à produire cette bouteille exemplaire, après 50 années de hauts et de bas, le plus souvent au service du vin, mais aussi à certaines périodes de sa vie avec des galères incroyables qui auraient pu être catastrophiques. Secrétaire d’Etat à l’agriculture de 1970 à 1973, puis condamné à 20 ans de prison, il émigre en France en région parisienne avec sa femme et ses 4 enfants. Ensuite direction Montpellier où il trouve un job à l’Institut français de la vigne et du vin. Suivi d’une autre période de 6 mois à l’INRA de Montpellier. Suivra ensuite une période de chômage de plusieurs années, qui lui profiteront pour passer un diplôme d’ingénieur agronome et aussi un DNO. Il part ensuite travailler en Algérie comme professeur, et revient ensuite en Europe à Barcelone où il est chargé d’étudier les politiques viticoles pour l’Assemblée générale catalane.

Il revient ensuite au Chili en 1985, pour établir un vignoble dans la vallée de Maipo, à 50 kms au sud de Santiago, acheté à la sœur de sa femme, à quelques kilomètres de vignobles bien connus comme ceux d’Almaviva ou de Santa Rita et c’est le début de l’aventure avec 4.5 hectares à faire fructifier !

A partir des années 2000, il commence à planter avec un système à forte densité, installe le goutte à goutte, cultive ses parcelles en fonction du vent ou de l’exposition et même du froid pour certaines zones ; c’est une vigne en semi altitude, environ à 650 mètres, qui donne un positionnement original et particulièrement intéressant….les premiers raisins arrivent en 2005, qu’il vend au début à la grande maison Concha y Toro, puisqu’il n’a pas de chai, ces ventes permettant d’amener quelques liquidités bienvenues.

Arturo Perez décède malheureusement en 2013 et ne verra pas le fruit de son travail, mais ses enfants et son épouse se sont jurés de continuer l’aventure grâce aussi à la collaboration d’un œnologue français, Eric VERDIER, et c’est ainsi que naitra le premier millésime de la famille, 2014, qui viendra sur le marché européen cet été, millésime louangé par les experts anglophones de l’équipe de Jancis Robinson ; C’est le cabernet sauvignon franc de pied qui donne cette nouvelle pépite, le Chili ayant des sols anormalement riches en cuivre, ce qui peut représenter une antidote pour pas mal de maladies et maintenir ainsi un patrimoine variétal hors du commun.

Une dégustation à ne pas manquer, PIEDRA SAGRADA 2014 pour tous les amateurs oenophiles !

Source : www.lesechos.fr

Nous contacter