C’est une longue histoire que le vin de messe et le rapport entre la vigne, le vin et la religion chrétienne…On sait que Noé avait planté de la vigne, on sait aussi que Jésus a transformé l’eau en vin lors des noces de Cana…On sait aussi que pendant l’eucharistie le vin, la boisson des chrétiens représente le sang du Christ et a largement contribué au développement de la vigne.

Les noms sur les étiquettes de vin, comme Abbaye, Clos, Prieuré, Eglise, Chapelle, Ermita, sont liés aux ordres monastiques et ce sont les missionnaires qui avaient besoin de vin pour célébrer la messe qui ont favorisé les plantations de vigne aux 4 coins de la planète…On sait aussi que jusqu’au XIIIème siècle, les fidèles à la messe buvaient le vin, et ensuite ce sont uniquement les prêtres qui peuvent boire le vin et si possible du bon vin !

Le vin liturgique doit être sain et le plus naturel possible, c’est l’ancêtre du vin biologique. Suivant les églises, l’église italienne préfère le rouge alors que l’église française préfère le blanc, comme le pape François qui ne boit que du muscadet. Le vin blanc est préféré car il ne tâche pas les tenues somptueuses mais surtout il est plus digestible à boire le matin à jeun, à l’heure des offices. Les vins rouges corsés, dont le Cahors, reste la préférence de l’église orthodoxe qui achète encore quelques 2 millions de bouteilles par an à cette région française.

Les curés et leurs supérieurs achètent le vin comme le français moyen, chez un caviste ou en grande surface, pour la majorité de ceux qui ne sont pas en zone viticole ; il peut y avoir aussi des liens entre les prêtres et des vignerons dévots qui vont donc échanger et se rendre des services mutuels ; il est aussi bon de rappeler qu’il vaut mieux officier dans une région viticole de renom que dans une région qui ne produit uniquement que des vins sans appellation…

Par ailleurs il existe le fameux droit « canon » auquel on ne peut déroger, même pour les prêtres intolérants à l’alcool, l’office ne peut avoir lieu sans vin ! Ceux qui n’aiment pas le vin peuvent le rallonger avec de l’eau pour assurer leur mission. L’expression mettre de l’eau dans son vin vient de là, et surtout parce qu’à l’époque, avant les temps modernes, la qualité des vins laissait à désirer et que mettre de l’eau avec rendait la consommation ou l’ingestion moins difficile pendant l’office.

Aujourd’hui la tradition continue et le vin se trouve toujours dans la cérémonie religieuse surtout chez les catholiques, mais le secret de la provenance des vins utilisés est toujours bien gardé et réservé à ceux qui tiennent les finances des ordres et des congrégations…

Source : www.republicain-lorrain.fr

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