Mais qui profite réellement des Foires aux vins ?

Bruno Cantuaria (Pexels)

On fête cette année les 50 ans des Foires aux vins dans la grande distribution, une opération initiée au départ par le groupe des centres Leclerc, au début de leur histoire, avant le développement du groupe en dehors de la Bretagne natale…Depuis cette époque, les foires continuent, elles ont toujours du succès et représentent souvent des parts de marché impressionnantes, mais finalement qui en profite ? Les consommateurs, les magasins, les producteurs de vin, les metteurs en marché, les grands crus ou les petits propriétaires, ce n’est pas aussi simple que cela !

Pour les magasins tout d’abord, c’est un gros coup pour le rayon liquides, en 2022, 17.4% des ventes annuelles de vin pour la grande distribution, un gros chiffre donc, mais avec quelle marge….? La c’est plus difficile à savoir, faibles pourcentages sur les grandes bouteilles et certainement bonnes marges sur les vins premiers prix, vu les quantités vendues, surtout pour la deuxième catégorie….Les foires d’automne qui durent généralement entre 2 et 3 semaines permettent d’attirer des clients qui ne sont pas forcément des fidèles de l’enseigne et qui une fois avoir récupérés quelques flacons bien repérés dans les catalogues, vont pouvoir ensuite naviguer dans le magasin et comme on dit faire des achats spontanés de ci et de là…L’envers de la médaille pour les magasins étant d’avoir une population furtive en augmentation pendant quelques jours, mais de se retrouver ensuite dans la morne calme des rayons pendant le restant de l’année, où il ne se passe pas grand-chose, sinon le ronron d’une clientèle fidèle mais qui s’amoindrit d’année en année….

Pour les consommateurs, il y a souvent 2 catégories, ceux qui viennent pour remplir leur cave d’une année sur l’autre, avec souvent des premiers prix et la gamme moyenne pour l’essentiel, qui vont faire l’achat de l’année, le caddy qui va partir à la cave et le tour sera joué…Ensuite il y a ceux qui viennent pour faire des coups, généralement sur de belles bouteilles et les grands crus, vendus à des tarifs très attrayants, mais dont souvent on ne connait pas la provenance, et c’est la que le bas blesse….Un marché plus ou moins parallèle venant de déstockage de certains restaurants, de retour de certains pays où ces vins n’ont pas pu être vendus, de ventes d’entreprises en difficultés ou qui ont besoin de trésorerie, de lots vendus aux enchères aussi…..Quelles garanties de qualité et de conservation pour ces vins, c’est la grande difficulté ; on sait que des vins mal stockés ou qui ont voyagé dans de mauvaises conditions ne vont pas permettre une conservation normale et les produits seront donc souvent défectueux ou du moins presque mûrs avant l’heure. Alors il faut tout regarder, les étiquettes, les contre-étiquettes, les cartons ou les caisses, les niveaux, afin d’être apte à réaliser une bonne affaire et de mettre en cave des vins en bonne santé.

Pour les producteurs de vin, la aussi, c’est souvent un peu bidirectionnel et il faudra donc peser le pour et le contre….Pour les grands crus qui n’aiment pas trop se retrouver dans un secteur commercial à qui ils n’ont pas vendu et qui ne correspond pas à leur image, c’est toujours la soupe à la grimace…Pour les petits châteaux c’est souvent l’occasion de vendre des lots importants, mais à prix très tirés et on est un peu entre 2 chaises, les marges étant au minima….

On parle donc de foire aux vins, il y une grande part de loterie et c’est bien le cas, il faudra donc montrer des capacités de sélection et avoir un œil de lynx pour réussir le coup parfait !

Source : www.theconversation.com

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