On peut parler d’une véritable révolution en Andalousie, où le XERES, JEREZ ou SHERRY, de part son comité régulateur, vient de prendre d’importantes mesures quant à la modification des règles de son appellation et des principales codifications qui y sont liées.

Après 5 années de réflexion, relatives surtout au marché des vins fortifiés ou mutés et aussi du réchauffement climatique, les instances locales ont procédé à de grandes modifications dans les processus et les règles viticoles et vinicoles qui constituent les bases de cette appellation unique et forte image des vins espagnols, comme le Rioja ou le Cava.

  • Tout d’abord la fin du monopole du triangle d’or du Jerez, enterres de vieillissement des vins, qui était jusqu’alors limité à 3 communes, Jerez de la frontera, Sanlucar de Barrameida et Puerto de Santamaria. 7 nouvelles communes périphériques auront le droit désormais de s’occuper de Soleras et autres vieillissement spéciaux. Cette réforme étant liée au développement des PAGOS ou parcellaires propres qui ont été délimités en 2015 par les autorités qui en ont dénombré 111, dument significatifs et liés à des particularités de terroir. On se trouve dans la même situation lorsque les Quintas de l’appellation PORTO reçurent l’autorisation de pouvoir faire vieillir les vins sur place, alors qu’avant tout était centralisé à Vila Nova de Gaia dans la banlieue de Porto.
  • 6 nouveaux cépages sont réintroduits en plus des 3 principaux (Palomino, Moscatel et PX ou Pedro Ximenes), cépages pré-phylloxériques existants depuis plusieurs centaines d’années.
  • Des redéfinitions d’appellation sont aussi mises en place comme pour le Jerez Superio, la Manzanilla Pasada ou le Find Viejo. De nouvelles mentions vont aussi apparaître comme en Rama ou Abocado. 
  • La modification la plus importante étant la fin de l’obligation de l’enrichissement à l’alcool, appelé « mutage » en France, car les degrés alcooliques naturels obtenus ne nécessitent plus d’être complétés dans la plupart des cas. Cette mesure qui est de loin la plus importante devra être validée par les services de Bruxelles car elle est vraiment révolutionnaires pour ce type de vin…Le degré naturel de 15% AV est aujourd’hui monnaie courante et justifierait cette modification magistrale. On parle aussi de descendre le degré minimum à 14% ou 14,5% pour répondre à la demande des consommateurs en général. 

Voilà en quelques lignes quelques unes des mesures principales, et comme on peut le constater, l’appellation et ses acteurs n’ont pas hésité à modifier des points fondamentaux afin de répondre au mieux à l’évolution climatique et à ses conséquences. Un bel exemple pour les autres régions viticoles qui sont plus ou moins dans la même situation en Europe…

Source : www.tecnovino.com

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