Bien moins connu que la boisson mexicaine la plus célèbre appelée « Tequila », le mezcal vient de confirmer sa position de spiritueux de plus haut plan depuis quelques années et surtout depuis 2015, année à partir de laquelle les chiffres de ventes à l’exportation ont quasiment doublés tous les ans, pour atteindre l’année record en 2019, les chiffres de 2020 liés à l’impact du coronavirus sur les transactions internationales n’étant pas très significatifs…

Le mezcal est une boisson qui vient de sortir de l’ombre alors que pendant des centaines d’années elle fut la boisson du pauvre, la fille du « pulque », boisson ancienne élaborée par les indiens et dont le degré alcool tournait entre 6°et 8°. Souvent confondu avec la mescaline, alcaloïde issu du fameux cactus « peyolt », nocive pour la santé humaine. Dans les années 2000, le boum du tequila (le nom étant du genre masculin en espagnol), les exportations sur la nord-amérique et plus spécialement aux USA a entraîné un mouvement au Mexique qui a poussé les cultivateurs d’agave à produire plus et mieux afin d’exporter un produit original, dont l’histoire remonte à l’occupation indienne de la région.

En 1994, le mezcal, boisson officielle de l’Etat d’ Oaxaca, obtient la notion d’appellation d’origine compte tenu de son histoire et de ses spécificités d’élaboration.  La capitale de l’Etat, la modeste bourgade de Matatlàn, ville de 5000 habitants, a réussi ce tour de force, en mettant en place dès 2015 la Route du Mezcal…Depuis ce jour et avant la crise sanitaire, les groupes de touristes nord-américains, asiatiques et européens ont commencé à sillonner la région pour en découvrir tous ses mystères ; ce boum commercial a réveillé quelques 125 000 familles qui ont bien compris que leur salut économique dépendait de cette boisson presque oubliée…A cause de la très lente maturité de l’agave, dont une quinzaine de variétés sont utilisées pour produire du mezcal, et son rendement de jus faible, le mezcal a été longtemps jugé comme une boisson coûteuse, lente à produire et de petit rapport financier contrairement au whisky ou au Cognac….Il faut compter environ 30 kilos d’agave pour produire un litre de mezcal et attendre jusqu’à 8 à 12 ans pour arriver à produire correctement cette alcool au degré minimum de 36° pour avoir l’appellation!

Malgré cela les dernières années sont expressément positives en matière de chiffres avec quelques 53 millions de dollars US à l’exportation, dont 70% par sur le marché des USA (univers des cocktails et des spiritueux d’agave), le restant partant sur l’Espagne, l’Angleterre et la France….68 pays de destination se partagent aujourd’hui le mezcal mexicain et seulement 30% de la boisson est consommée sur place. Les investisseurs Italiens et japonais pour la plupart recherchent les parts d’entreprise ou les achats de distillerie car ils ont compris que l’on était maintenant avec une boisson du futur et non du passé !

Source : www.elpais.com / El pais semanal, magazine hebdomadaire.

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