Quand on commence à apprendre les vins du Jura, on commence par découvrir les cépages autochtones, le savagnin pour les blancs, le poulsard et le trousseau pour les rouges et les rosés ; quand on a une éducation bordelaise ou du sud ouest de la France, on est toujours surpris par ces cépages souples en bouche, facile à boire dans la jeunesse, aux arômes particuliers de mousse et de sous bois.

Depuis quelques années, nous avons été obligés de revoir toutes nos théories sur les cépages, leurs zones de prédilection et apprendre beaucoup mieux à les cultiver ; aux USA, le changement climatique est aussi une des préoccupation des vignerons, y compris ceux qui ne sont pas encore par des modifications palpables liées à cette évolution du climat, mais commence à réfléchir à faire évoluer leur patrimoine viticole ; dans le nord de la Californie, où le climat est moins sec et moins chaud, dans l’ Orégon, la zone pythique des pinots noirs, dans l’ Etat de Washington, plusieurs viticulteurs se sont lancés depuis quelques années dans la culture du trousseau jurassien, cépage que l’on retrouve de manière fréquente aussi au Portugal, sous le nom de bastardo ou graciosa.

On cultive même les deux trousseaux, le rouge et le gris, plus rare, et l’on commence à peine à entrevoir les qualités de ce raisin, son style de vin, son climat idéal et ses terroirs préférés, comparables à ceux du Jura, les fameux éboulis calcaires recouvrant le plus souvent des marnes ; c’est à Sonoma, Santa Clara ou dans la vallée de la Willamette que le trousseau offre aujourd’hui ses meilleurs résultats, sur des terroirs qui ne retiennent pas l’eau…Un certain nombre de « wineries » se sont donc lancées depuis une dizaine d’année et les résultats sont probants : EYRIE Vineyards, ANALEMMA Wines, MOSIER Hills Estate, le célèbre sommelier et vigneron Rajat PARR, STOLPMAN Vineyards, le vignoble ABACELA du Dr Earl JONES, tous ont tenté et réussi le trousseau qui commence aujourd’hui à rentrer dans les charts !

Le plus fameux d’entre eux reste à ce jour, le rosé du Domaine TWO SHEPHERDS à Sonoma, piloté par William Allen, réalisé à partir de trousseau gris, qui révèle aujourd’hui ces notes aromatiques et salines si caractéristiques du cépage, dont parait-il on tombe amoureux immédiatement !

Reste à savoir maintenant si les producteurs nord-américains seront prêts à prendre le risque de planter du trousseau à la place des mythiques chardonnays ou pinots noirs, les valeurs sures de l’Ouest américain, ce qui pourrait faire la différence et qu’il faut mettre au crédit de ce raisin étant son adaptabilité évidente avec la nourriture locale de cet endroit de la planète, les années à venir nous dirons si le trousseau à conquis l’Amérique….

Source : www.daily.sevenfifty.com

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