La crise économique que traverse le pays depuis plusieurs années et les changements climatologiques affectent durement ce vignoble, le 5ème producteur mondial qui a du mal a lutter et surtout à se mettre au niveau de son voisin immédiat, le Chili qui lui tout au contraire est en pleine vitesse de croisière…

Premier constat comme dans les pays européens producteurs, la consommation locale de vin s’érode progressivement, le vin est cher pour un pays en crise économique, et quelquefois on constate des baisses de vente de l’ordre de 50% des ventes suivant les bodegas ; les clients traditionnels ont tendance à s’orienter vers la bière, devenue une boisson incontournable, en raison de son coût inférieur comparée au à celui du vin. Les petites maisons familiales soufrent beaucoup et doivent faire preuve d’innovation pour sortir la tête de l’eau…La consommation locale est tombée autour de 15l/hab ce qui très loin des chiffres euphoriques des années 80 où était largement au dessus des 30l par tête !

Par ailleurs les 3 dernières récoltes ont été profondément affectées par les caprices du climat, générateurs de pluies répétitives et anormalement importantes, qui ont entraîné des surcoûts de production ; vraiment étrange dans une zone comme celle de Mendoza où il fallait irriguer il y a encore peu de temps en utilisant un réseau de canaux très sophistiqué construit dans les années 50, ce qui permettait de réguler l’alimentation en eau des parcelles de manière très précise, voire mathématique !

Quelques solutions semblent porter quelques fruits de manière immédiate : sur le marché intérieur, ne plus vendre à la bouteille mais revenir aux fameuses dames-jeannes de 4.75 litres réservées au vin de table au préalable, dont le prix de revient est plus intéressant que celui d’une bouteille de 75cl….

Essayer de trouver des pistes à l’export, en premier sur le marché américain, les proches voisins comme le Brésil, mais surtout sur l’Amérique du nord porteuse du fameux dollar et pourquoi pas en Europe ou en Asie, où les clients sont toujours à l’affût de vins exotiques et surtout du fameux cépage malbec argentin…L’oenotourisme reste aussi un autre moyen d’appâter une clientèle étrangère porteuse de pouvoir d’achat.

La très forte inflation de l’ordre de 45-50% rend les vins souvent inaccessibles pour des consommateurs traditionnels locaux, qui ont perdu énormément de pouvoir d’achat, autre difficulté ; enfin pour ne rien arranger le voisin chilien, fin négociateur en termes de droits de douane avec les pays d’exportation, est un concurrent redoutable, de qualité quasi identique mais qui arrive sur les marchés 40% moins chers que les vins du pays des gauchos..   

Voila donc la grosse équation que les professionnels de la filière doivent régler rapidement, et pourquoi en trouvant quelques acheteurs supplémentaires lors du prochain salon VINEXPO ?

Source : LES ECHOS/ VINOS ARGENTINOS/ I.N.V.

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