Après avoir connu ses heures de gloire dans les années 1980/1990 le vin de Muscadet est lentement tombé en désuétude suite à de nombreuses erreurs et cette région a failli disparaitre des marchés du vin blanc, après avoir été la plus grande en termes de géographie et presque pourrait-on dire de notoriété aussi… dérapages de production, dérapages de qualité, prix à la dérive et vin sans identité, avec le résultat de désintéresser une grande partie de son public qui est alors parti à la découverte d’autres appellations de Loire, voire de Bourgogne…La sortie du livre « sauvons le muscadet d’une mort programmée » d’Alan Coraud en 2015, ayant accéléré  certainement le processus de rébellion !

Il a fallu presque 30 ans pour remettre la machine sur les rails, ce qui s’est fait à la suite de 2 actions économiques et commerciales nettes, à savoir la baisse des rendements de production et une sectorisation affinée visant à définir les familles de vins du muscadet de manière claire et compréhensible par les consommateurs ; le résultat s’avère payant, puisque d’une part les clients sont revenus et aussi les prix des strates qualitatives bien définies ont permis de faire monter l’ensemble des tarifs et d’asseoir une meilleure rentabilité à tous les vignerons producteurs.

Rappelons que le MUSCADET s’entend sur la base de 3 grandes catégories, le muscadet simple, le muscadet de zones géographiques (Sèvre et Maine, Côtes de Grand Lieu, coteaux de la Loire) et le muscadet de cru, 11 villages se partagent aujourd’hui ce privilège, dont les plus célèbres sont Vallet, Gorges et la Haie Fouassière. Cette dernière famille tendant à produire des vins de conservation après des élevages longs en barriques pouvant dépasser les 24 mois pour certains.

Nous sommes donc très loin des muscadets basiques vendus à moins de 2€ la bouteille, triste héritage des années 90….et des qualités catastrophiques de l’époque ! Il faudrait aussi rajouter à ces groupes, le muscadet sur lies, qui peut dévoiler des vins très élégants, friands et aromatiques à souhait, idéal pour matcher les huîtres locales…Les années 2000 ont amené sur le théâtre des ventes des jeunes vignerons enthousiastes qui ont restructuré, vitalisé, dynamisé et ont ramené les vins au goût du jour. Les ventes ont redémarré, le prix du foncier viticole aussi, les marges ont progressé de manière significative  et l’exportation, signe de la bonne santé d’une appellation a repris avec agressivité, Royaume-Uni, USA, Canada, Japon sont bien relancés, la tendance « bio » donnée par la nouvelle génération ne pourra que renforcer la bonne santé du vignoble nantais et son devenir.

Buvons du Muscadet pour les fêtes !

Source : www.entreprendre.fr

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