L’Institut National de la Recherche Agronomique, de l’Alimentation et de l’Environnement, étudie les liens entre la biodiversité et les pratiques viticoles. A cet effet le programme « Bacchus » a été lancé il y a maintenant 5 années et l’on commence à enregistrer les premiers résultats significatifs de ces études.

La zone actuellement à l’étude sur situe sur environ 900 kms2 à travers les espaces géographiques du Libournais et de l’Entre-deux-mers ; une quarantaine de parcelles choisies sur des critères précis, font l’objet de suivi permanent en tenant compte des pratiques viticoles utilisées, de la biodiversité observée, des éléments du paysage environnant (haies, arbres, espaces non cultivés,..) afin  de déterminer l’impact des pratiques viticoles sur la biodiversité.

En fait l’étude montre aujourd’hui que les conséquences sont multiples et dépendent fortement des modes de conduite utilisés : sur les conduites biologiques on observe par exemple un fort développement des araignées au détriment des pollinisateurs traditionnels comme les abeilles. Le désherbage a aussi un effet négatif sur les pollinisateurs, puisqu’il limite les ressources de fleurs à disposition. Le travail du sol a un effet négatif sur la biodiversité des sols, l’espèce des carabes est fortement perturbée par cette option…L’utilisation de pesticides tant décriés à ce jour joue un rôle défavorable sur les populations d’arthropodes qui agissent fortement sur la décomposition des matières organiques, etc …

Ce travail sert à connaître précisément à adapter les préconisations au vignoble et à favoriser la faune utile et plutôt celle-ci !

Quelques résultats significatifs déjà : enherber et diversifier les plantes de l’inter-rang avec des tontes modérées, permet d’augmenter déjà de 20% la biodiversité active et favorable. Le contexte paysager, haies, arbres et plantes environnantes vont encourager les implantations et les hivernages de la faune. Une des études les plus importantes à ce jour est l’analyse de la consommation alimentaire des espèces vivantes sur les parcelles, avec l’analyse ADN des contenus stomacaux. Les espèces suivantes font l’objet de ces recherches comme les chauves-souris, les oiseaux, les araignées, les insectes, afin d’évaluer les régimes alimentaires et d’examiner le rôle de chacun ; en 2021 on devrait connaitre avec précision les espèces les plus impliquées dans la régulation des ravageurs et ainsi par conséquence favoriser leur développement par un mode de conduite le plus approprié possible.

Cette immense étude ne fait que commencer mais elle va certainement apporter des solutions presque idéales pour favoriser et protéger la biodiversité, il faudra un certain recul en nombre d’années pour en vérifier réellement la véracité.

Sources : www.mon-viti.com

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