En ce jour de jeudi 18 novembre, comme le veut la tradition, on va pouvoir goûter et consommer les vins nouveaux ou primeurs, vins de soif pleins de fruits, dont un certain nombre de régions viticoles ont pu donner naissance de part leurs appellations respectives, comme dans le beaujolais bien sur, le berceau historique, mais aussi dans la Loire, le Rhône, à Gaillac ou dans le centre de la France.

Ce type de vin n’est pas anodin, puisqu’il existe maintenant depuis 70 ans, et qu’il a réussi à conquérir nombre de marchés internationaux, dont le plus caractéristique reste celui du Japon, où l’on a vu des personnes se baigner dans des piscines de vin nouveau, ce qui peut paraître délirant mais qui en fait le reflet d’une aura incroyable dans ce pays !

C’est en 1951 que le Beaujolais obtient la possibilité de commercialiser ses vins de l’année avant la fameuse date du 15 décembre, qui fixe la possibilité de sortir les vins nouveaux d’un chai de production après la vendange, les différentes fermentations et les travaux d’affinage, qui vont permettre au vin d’être consommable avec la qualité souhaitée au plus tôt de son élaboration. Ces vins ne requièrent donc pas d’élevage sophistiqué, cela ne leur est pas nécessaire, ils seront consommés dans leur prime jeunesse, point final. C’est en partie grâce à Georges DUBOEUF, et des viticulteurs locaux, qui après suffisamment d’argumentation ont obtenu le droit de commercialiser leurs vins plus tôt, en partie lié à la faculté du cépage gamay de produire des vins fruités et gouleyants très rapidement, mais aussi et surtout grâce à la méthodologie d’élaboration, surnommée la vinification beaujolaise, qui a la particularité de mettre des grappes de raisins entières dans les cuves de fermentation, et de les emprisonner ainsi une fois fermées, pendant 3 ou 4 jours, afin de dynamiser des arômes spécifiques appelés les iso-amyles, autrement dit, qui rappellent  la banane, le vernis à ongles, le bonbon anglais,…

En 1951, la date du 15 novembre est fixée comme celle du déclenchement possible des expéditions de vins sur l’hexagone ; quelques années plus tard, en 1985, cette date est modifiée a son tour et devient celle, plus flexible du 3ème jeudi de novembre, qui évite les jours fériés et leurs contraintes administratives, et aussi repousse cette date plus loin des commémorations du 11 novembre, afin de ne pas mêler sur une même  semaine évènement festif et période de recueillement.

En 2021, le vin nouveau n’a pas perdu de sa fougue, ni de sa superbe, il est toujours aussi présent dans le pays, même dans les zones sudistes qui n’y étaient pas forcément très favorables au début, et il est certain que ce jour, il coulera du vin dans les bars et les restaurants, plus qu’une journée normale !

Le millésime 2015 reste dans les mémoires comme celui d’une très grande année, que sera-t-il de 2021, les experts nous le dirons dans quelques jours.

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