Tous les pays viticoles sont touchés à leur façon et essayent de se débrouiller suivant les situations et les  cas de figures ; nous avons déjà abordé le manque de main d’œuvre en Argentine, qui ne permet pas à ce pays de rentrer toute la récolte 2020 dans les temps voulus et avec la qualité souhaitée.

Au Chili la situation n’est pas la même, la main d’œuvre est locale principalement mais il reste encore la moitié de la récolte à rentrer en cave, en particulier tous les vins qui doivent servir à la production du fameux « Pisco », alcool de raisin bien apprécié en Amérique du sud. Depuis quelques jours des règles de circulation très strictes ont été votées par le gouvernement chilien, qui limitent les passages entre provinces suivant le degré de contamination avec le virus ; dans ce pays dont la géographie viticole s’appuie sur des vallées parallèles, il faut souvent transporter les raisins sur des distances éloignées des caves, et le personnel doit donc posséder des laissez-passer sous peine de ne pouvoir continuer avec les raisins…

Par ailleurs, les travailleurs agricoles ne sont pas très enclin à porter des masques et des gants qui gèneraient considérablement leur travail et se font souvent tirer l’oreille pour respecter les règles de confinement, c’est la culture des populations rurales. Le lavage des mains est à peut prêt respecté mais c’est à la limite de l’humainement possible !

La hâte de tous les acteurs de la filière vin est de finir cette vendange 2020 le plus rapidement possible, 2 ou 3 semaines encore à travailler dans ce sens, car la récolte qui s’annonçait déjà de quantité moyenne ( environ 70% d’une récolte normale) risque encore de perdre des volumes, et l’on sait qu’au Chili l’économie viticole est fondamentale pour les rentrées de devises dans le pays et donc en conséquence, les acteurs sont pris entre 2 feux, celui de limiter les dégâts économiques au maximum et aussi celui de protéger les populations en termes de sanitaire, les deux choses n’étant pas facile à concilier pour les producteurs et leurs employés.

Tout cela pourrait se résumer en quelques lignes, on ne se mélange plus au champ, on ne mange plus ensemble, dans les rangs de vigne on est disposé un rang sur deux pour ne pas se contaminer, on travaille sur des rythmes quelques fois de 24h/24h, et il n’y aura pas de fête des vendanges cette année, cela va sous le sens !

Sources : OIV/WIP

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