Le Chili a déjà une très bonne réputation quant à ses vins respectables de cabernet sauvignon, de chardonnay ou d’autres cépages connus, mais on sait moins au sujet des expérimentations qui sont menées par l’état chilien depuis 2010, dans le but de trouver des solutions face au réchauffement planétaire, et une cinquantaine de vignerons se sont portés volontaires pour cultiver en conditions extrêmes de la vigne à très haute altitude afin d’en faire ensuite du vin acceptable !

En 2022, ils ne sont plus que 18 à avoir tenu bon et à réussir dans un premier temps à produire du raisin qui soit commercialisable en surmontant toutes les difficultés, le froid, le rayonnement solaire, les changements brusques de température, le manque d’eau, le travail entièrement manuel, le sol volcanique recouvert de feuilles séchées, les pentes énormes, et surtout le manque d’oxygène, pour un résultat difficile à obtenir, ne serait ce qu’avoir des fruits, autrement dit des raisins.

Cécilia CRUZ, viticultrice de 67 ans, gère son domaine VINA CARACOLES ( la vigne des escargots) en référence à la célèbre route entre le Chili et l’Argentine dite route CARACOLES ou route aux 365 virages….Au départ on lui a fourni les ceps et les tuteurs, et sous le conseil d’œnologues et d’ingénieurs agronomes elle a fait son chemin et elle a réussi à produire l’impensable, du raisin à très haute altitude ! Rien à voir avec les cultures précédentes comme le maïs, la luzerne ou les haricots verts….

En 2017, ce vignoble féminin rejoint un groupe coopératif, la COOPERATIVA DE VINEDOS DE ALTURA LICKANANTAY, un nom d’origine indienne…Cette année la coopérative des vignerons d’altitude a recueilli 22 tonnes de raisin frais et l’année prochaine on espère 24 tonnes ce qui sera l’objectif de tous. 2 médailles ont déjà été obtenues au dernier Mondial des vins extrêmes en Italie en 2021, dont un moscatel dulce 2020 qui a fait légende auprès des experts.

Les résultats sont donc prometteurs, mais les conditions de production dantesques ne sont pas assez rémunératrices aujourd’hui pour asseoir le système, à suivre dans les années futures où l’on pourra peut être arriver à des prix de vente plus attractifs, plus juste que celui d’aujourd’hui qui tourne autour des 12€, on est très loin des 300euros du vin thibétain AO YUN cher à LVMH produit dans des conditions similaires.

Source : Courrier International

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